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Petit carnet de voyage…

Mai 21, 2009
 

    Bonjour à tous!

 

De retour d’un périple d’une semaine au Mali, je ne peux résister à l’envie de vous faire partager ce beau parcours à la découverte de la culture malienne. Et quelle culture!!

Mosquée de Djenné Nous sommes partis en mission, Emmanuelle, Daouda (mon binôme malien) et notre chauffeur, dans une belle voiture climatisée de l’UNESCO direction Djenné, afin de rejoindre mon maître de stage. Nous avons passé la nuit à Djenné. J’ai pu voir de mes yeux la mosquée de Djenné, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, un joyau d’architecture en terre. Puis, direction Mopti, le pays des Bozos, l’ethnie des pêcheurs du Mali. Là, nous avons convié les personnes concernées à une réunion à la mission culturelle de Mopti afin de lancer les enquêtes de recensement du patrimoine sur le cercle de Mopti. Ces enquêteurs doivent remplir le plus strictement possible des fiches villages, patrimoine immatériel, patrimoine immobilier, trésors humain vivant… Les informations recueillies seront traitées par la DNPC, où je travaille, et utilisées concrètement dans le cadre du projet Niger-Loire (cartographie, classement, proposition sur les listes de l’UNESCO, microprojets…). Cette réunion s’étant bien déroulée, nous voilà libre, avec Emmanuelle, de voir du pays pour une semaine.

 

A bord de la pirogue

A bord de la pirogue

Nous décidons donc de passer deux jours à Mopti afin de s’immerger dans la culture bozos. Nous y rencontrons Oumar, un bozos d’origine mais qui n’a jamais pêché (une rareté!). Il nous emmène sur la pirogue de son cousin jusqu’au delta des fleuves Niger et Bani, le tout accompagné d’un excellent thé à la fleur de bisap… Nous approchons les constructeurs de pirogue, faisons le marché plein de senteurs alléchantes et « poissonneuses » parfois! Nous découvrons, sur la route, la mosquée de Mopti, semblable à un château de sable prêt à s’écrouler.

Le lendemain,  nous partons pour Bandiagara dans un bus bondé de gens, environ 100 personnes. Notre nouvelle devise africaine: Ca rentre toujours!!! Et c’est vrai! Il faut rentabiliser le déplacement, mais si on voit le bon côté des choses, c’est assez écologique non?!

Anciennes maisons Telem

Anciennes maisons Telem

Nous partons donc à la découverte des falaises du pays Dogon. Autrefois, y vivait le peuple Telem. Un peuple de chasseurs-cueilleurs qui, voyant arriver les Dogons sur leurs terres, décidèrent de quitter les falaises où ils vivaient en troglodytes. Ainsi, ce pays, autrefois celui des Telem, devint le pays des Dogons, un peuple d’agriculteurs vivant encore sur ces terres aujourd’hui.

Après Bandiagara, direction Tombouctou, la « Mystérieuse », « la ville des 333 saints ». La traversée entre Douenza en Tombouctou ne peut se faire qu’en 4/4 dans le désert. L’allée fut très périlleux!! Après avoir attendu 7h avant de voir venir notre 4/4 nous embarquons à 14 personnes dont deux bébés et un enfant. Nous étions donc 7 assis dans le coffre! Après 2h de route en pleine nuit, nos phares tombent en panne, nous voilà donc en train d’installer les nattes au sol afin de passer une nuit dans le désert en attendant le petit jour pour repartir!!

Après 10h de route pour faire environ 300km et traverser le fleuve, nous voilà arrivées à Tombouctou. Malheureusement, nous sommes restées trop peu de temps pour apprendre à connaître cette ville et son histoire. Cependant, les rencontres que nous y avons faites nous ont permit de nous immerger un peu dans l’histoire de cette ville si différente des autres villes du Mali. Nous avons rencontré des touaregs du désert qui viennent à Tombouctou faire du commerce avant de repartir des mois et des mois en caravane dans le désert. Chaque touareg décide, à l’adolescence, du travail qu’il souhaite accomplir toute sa vie. Il y a les meneurs de caravane, ceux qui extraient le sel au centre du désert pour le vendre en ville, les forgerons (créateurs de bijoux, de couteaux…). Les touaregs sont un peuple du voyage. Grâce à notre belle rencontre avec Ahmed, un touareg, nous avons vécu en leur compagnie une nuit entière. Nous avons beaucoup échangé sur nos cultures respectives, bu le thé, dormis à la belle étoile près des dunes du désert…Nous sommes dorénavant invitées à partir en caravane avec eux dans le désert et à apprendre à se repérer avec les étoiles. Ce peuple est un peuple du silence et de l’écoute. Il vivent avec la nature et ont une petite dent contre le modernisme de la ville: le bruit des motos, la pollution, l’affluence des gens vers les grandes villes… Je crois qu’il s’agit de l’une de mes plus belles rencontres au Mali.

Chaque année, la ville de Tombouctou accueille le Festival au Désert, au mois de janvier. Il s’agit de trois jours de concerts et d’animations sur la culture touareg.

De plus, savez-vous que Chirac a une dune à son nom à côté de Tombouctou? J’ai demandé si notre cher président actuel avait sa dune également et ils m’ont répondu: JAMAIS!! M. Sarkozy n’a pas que amis au Mali!!

Nous reprenons le 4/4 à 4h du matin direction Douenza où nous trouvons un bus qui part en direction de Ségou, à 3h de Bamako. A Ségou, avec un ami malien, je visite une maison de teintures traditionnelles. Il s’agit d’un centre de formation à la teinture naturelle (donc, écologique). Les couleurs s’obtiennent à partir d’écorces d’arbres et de feuilles. Un processus chimique qui relève parfois de la magie. En effet, l’argile, en contact direct avec un type de tissu coloré devient noire sous nos yeux!

Après Ségou, retour de nuit à Bamako…le stage reprend son cours…je continue à travailler sur la maquette d’exposition sur le patrimoine de Djenné, je rencontre des personnes ressources et des étudiants maliens avec lesquels je partage mon travail, j’épluche des documents sur le fleuve Niger…

 

Quel excercice difficile que de raconter un voyage!

J’espère que les photos vous parleront plus…

Bonne continuation à vous tous…

 

Claire

 

 Petite explication sur le thé malien

 

Le thé se prépare tout au long de la journée. Avec les même feuilles de thé, les africains préparent 3 thés différents:

– Le premier est fort comme la mort

– Le second est doux comme la vie

– Le troisième est sucré comme l’amour

Un conseil: essayez toujours d’arriver à partir du deuxième!! Le premier porte tellement bien son nom et il est dur de refuser l’invitation du thé!!

Bamako ici Bamako…

avril 21, 2009

 Bonjour à tous…

Voici des nouvelles de mon stage au « pays de la soif. »

 Actuellement, je continue mes recherches documentaires liées au patrimoine fluvial malien avec l’aide de mon binôme, Daouda Koné, qui me permet de rencontrer les directeurs de structures culturelles et de faire mes recherches dans diverses cellules documentaires de la ville. La bibliographie avance donc « doni doni » (petit à petit).

 

Musée National du Mali

Musée National du Mali

Vendredi dernier, j’ai pu rencontrer Samuel Sibidé, directeur du Musée National du Mali à Bamako. Il a contribué, entre autre, à l’élaboration des collections du Musée du Quai Branly à Paris. Je visite le musée la semaine prochaine et le directeur m’accordera un entretien.

 Le travail à la DNPC se passe relativement bien malgré le fait que les choses avancent toujours très lentement ici. Ceci est dû à un manque de formation du personnel, un manque de moyens budgétaires et à l’arrivée de la période chaude qui fatigue tout le monde (pour vous donner une idée, le bureau où je travaille n’a pas la climatisation donc, avec 40°, il est plus difficile d’avancer dans son travail en gardant les idées claires!)

 

Djenné

Djenné

Je commence également à élaborer un début de maquette d’exposition sur les résultats d’une enquête de terrain qui a eu lieue en 2008 concernant le patrimoine et le fleuve Niger dans le Cercle de Djenné.Le Cercle, au Mali, équivaut à une région. Djenné se trouve au nord de Bamako, à plusieurs centaines de kilomètres. Il s’agit d’une région riche en patrimoine culturel et naturel, matériel et immatériel. La mosquée de la ville de Djenné est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le but principal de mon exposition sera de sensibiliser la population à l’importance de conserver et mettre en valeur le patrimoine de sa région. Les idées germent doni doni mais je vous en dirais plus quand elles se concrétiseront.

 Sinon, pour faire une petite parenthèse sur ce qui se passe de beau pour moi en dehors de mon stage, je continue mes périples en dehors de Bamako et à Bamako même durant le week-end. Je profite des manifestations culturelles de la ville (concerts, expositions…) avec des amis maliens et français. Le deuxième week-end après mon arrivée, j’ai été invitée dans le village de Siby, à l’ouest de Bamako, pour un mariage. J’ai pût vivre avec la population pendant trois jours, une expérience inoubliable.

SIBY
Notre guide
Notre guide

J’ai pût également visiter deux magnifiques sites naturels de cette région avec des collègues de travail: l’Arche de Camadjan, site historique qui abritait autrefois les conseils de guerre et les rites sacrificiels du roi Camadjan ainsi que le site des Hauts-Fourneaux, matériel ancien et traditionnel autrefois consacré à la fabrication des armes et ustensiles en fer. Nous avons visité ces sites avec le plus vieux guide de Siby, nous nous sommes dit: « chouette on montera tranquillement la falaise! » Eh bien non! Il s’est avéré que notre guide était plus rapide que n’importe lequel des jeunes hommes du pays!

 Je continue mon apprentissage du Bambara, l’une des principales langues du Mali, parlée à Bamako et je continue à garder des yeux grands ouverts sur tout ce qui se passe ici. La culture, les traditions, les rites religieux, la vie quotidienne… Dès que je peux participer de prêt ou de loin à la vie des locaux, je le fais, il ne faudrait rien rater!

 Je crois que cette ville m’a adopté…

Les enfants de Siby

Les enfants de Siby

 Bonne continuation à tous dans votre stage à tous…

 Djenneba Djara

A ni sogoma!!

mars 31, 2009

Tout d’abord, un grand bonjour à tous en direct de l’Afrique!

 

Bon, parlons peu, parlons bien. Je commence mon stage demain, un premier avril, j’espère que ce n’est pas une blague… D’autant que le choc culturel m’empêche encore de réaliser que je suis au Mali!

  

Aujourd’hui j’ai pu rencontrer Moulaye Coulibaly mon maître de stage et M. Sanogo, le directeur de la DNPC. Il s’agit de la Délégation Nationale du Patrimoine et de la Culture située en plein centre de Bamako.

Mes missions sont nombreuses, je participerais aux travaux de recherches, de capitalisation et de diffusion d’informations concernant le projet Fleuve Niger-Loire, Gouvernance et Culture lancé par l’UNESCO en 2004. C’est une coopération de fleuve à fleuve entre la Loire et le Niger qui prend en compte deux aspects: la gouvernance de l’eau (gestion de l’eau du fleuve, de la pollution, des déchets, des métiers à risques liés à l’eau…) ainsi que la culture et le patrimoine maliens (mise en valeur des sites, sensibilisation des populations aux problèmes de l’eau…). C’est ce second pôle qui m’intéresse et sur lequel je travaillerais.

Pour ce projet colossale, l’UNESCO à fait appel à 16 partenaires dans la région de la Loire en France et dans les régions proches du fleuve Niger au Mali. La DNPC et l’UCO sont deux de ces partenaires.

Mes missions sont, entre autres, de participer aux enquêtes sur le patrimoine malien, de proposer le shéma d’une opération de diffusion sur le sujet de l’eau, du fleuve… auprès d’un public choisit, en imaginant des supports de diffusion, un contenu, des étapes de mise en oeuvre…

Je vous en dirais plus la prochaine fois, après avoir commencé ce beau stage.

Tout ce que je peux dire aujourd’hui c’est que les maliens sont extrêmement accueillants, que je bois 3 litres d’eau par jour tellement il fait chaud (40° le jour, 30° la nuit) et que la vie ici est belle car la simplicité y règne.

 

Bon stage à tous!